Kraken, de China Miéville

J’ai récemment terminé un de mes cadeaux d’anniversaire : Kraken de China Mieville. Mine de rien, la lecture a pris du temps et ce n’est pas le plus gros roman de l’auteur – mais c’était mon premier.

L’histoire de Kraken débute dans le musée d’histoire naturelle à Londres, qui abrite un kraken. Du monde vient donc spécialement voir la créature, mais quand Billy Harrow fait son tour, la pieuvre géante a tout simplement disparue. Comment est-ce possible ? Pourquoi et surtout qui ?

Un nouveau monde s’ouvre alors à Billy qui rentre en contact avec deux policiers qui appartiennent à une section spéciale de la police, mais aussi avec l’Église du Kraken, qui voue donc un culte à la créature, et d’autres multiples dangers et découverte d’un monde magique. Un dieu (pour certains) a donc été pris et une Apocalypse serait en préparation.

Kraken est un livre riche en concepts et en idées. Le genre de choses qui me séduisent énormément. L’histoire est d’ailleurs soutenue par une créativité dans l’écriture – dans sa façon de tourner et d’employer les mots  -, mais j’ai fini par avoir la sensation que tout cela épaississait un récit qui manquait singulièrement de profondeur.

En fait, pour toutes ces merveilleuses idées et un style riche et inventif, Kraken manque d’émotions à mon goût. J’ai eu quelques difficultés à me prendre au récit avec Billy, car même s’il est un peu comme nous au départ et découvre un nouveau Londres, il semble beaucoup trop passif. Heureusement, cela change par la suite, et la progression du personnage est particulièrement maitrisée. J’ai beaucoup aimé Collingswood, policière aux capacités particulières, et son duo avec Baron, son supérieur, et même Vardy, qui bosse avec eux. Au fur et à mesure, elle reste la seule que l’on suit encore un minimum et a occupé sporadiquement les devants de la scène. Baron se transforme en sorte de pseudo-accessoire. Il faut aussi dire qu’il y a des moments où le récit parait s’étirer, ce qui m’a laissé le temps de prédire quelques petites choses. Pour le coup, Marge porte tout le poids émotionnel du récit, ce qui n’est pas forcément aisé. Elle est attachante et sa quête pour chercher Billy (à cause de ce qui est arrivé à Leon, son petit ami et ami de Billy) est bien orchestrée, mais elle n’occupe pas non plus une grande part de l’histoire.

Kraken est un livre riche sous bien des aspects ce qui parait compenser le fait que l’intrigue en elle-même n’est pas aussi complexe que l’univers londonien dans lequel elle se déroule. Pour le coup, j’admets avoir été à la fois véritablement prise dans le récit, prise par surprise et enthousiasmée, et en même temps, il y avait des moments où je peinais à être intéressé par l’évolution de l’intrigue. L’ensemble donne un bon livre, mais qui aurait certainement pu être meilleur si le récit s’était doté de l’épaisseur émotionnelle qui lui fait défau

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  Kraken, de China Mieville.
  Publié chez Pan Books / 481 pages.

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