Séries littéraires, romans jeunes adultes et évolution d’un marché

J’ai découvert le jour de la sortie  qu’Ann Brashares avait écrit un nouveau livre de la série « Quatre Filles et un jean » (The Sisterhood of the traveling pants). J’ai lu les précédents et même si ce ne furent pas des lectures parfaites, je me suis dit que quand le tome serait disponible à ma médiathèque, je l’emprunterais sans arrière-pensée. Je ne possède aucun des romans et je ne ressens pas l’envie de l’acheter. Mais, suffisamment pour envisager de le lire dans un futur incertain.

Dans un mes tiroirs, j’ai le tome 5 de « La Communauté du Sud » de Charlaine Harris depuis maintenant trop longtemps. J’ai lu les 4 précédents, mais que je n’ai plus du tout envie de bouquiner la suite. Peut-être qu’à un moment ou un autre, je souhaiterais m’y replonger, mais je suis réaliste sur le fait que les probabilités sont particulièrement maigres dans le sens où le bit-lit est un genre que j’affectionne peu.

Finalement, on peut se demander ce qui peut pousser à continuer ou non une série littéraire surtout qu’elles se font de plus en plus nombreuses. Je sais que certaines personnes sont réticentes au concept même, mais cela ne m’a jamais arrêtée. Peut-être est ce dû à mes lectures de bandes dessinées ou à ma consommation de séries télévisées, mais je n’ai jamais envisagé de ne pas lire une œuvre, car 10 tomes suivaient. Pour tout dire, la pensée ne me traverse pas réellement l’esprit. Il faut déjà que j’arrive à trouver le temps de lire le livre, et si je souhaite m’investir, pourquoi pas. Par contre, je n’ai aucune difficulté à m’arrêter en cours de route. Je ne ressens aucunement la nécessité de poursuivre si l’envie n’est plus là. L’auteur peut continuer sans moi.

Le problème aujourd’hui trouve sa source dans un mouvement commercial plutôt intensif, qui touche particulièrement les romans dits pour jeunes adultes. Je laisse la qualité de côté, je suis tout simplement impressionnée par le nombre de fois où j’ai bel et bien lu « série jeunes adultes en plusieurs tomes » (je synthétise, mais c’est l’idée est là). Les éditeurs font des commandes, car le marché a véritablement explosé. Les gens aiment dire qu’il y en avait avant « Twilight » et Cie, mais je pense qu’il faut aussi rester réalistes face à un phénomène purement mercantiliste. La littérature est un business à part entière et évolue en conséquence. Tel ou tel mouvement prend les devants et en ce moment, il est difficile de passer outre le fait qu’il y a une volonté affirmée de crédibiliser les jeunes adultes qui paraissent pulluler de tous les côtés. Le problème est particulièrement mal abordé, car les gens en sont venus à défendre un business (le « jeune adulte » est une cible, pas un genre !) et non les œuvres.

J’ai emprunté le premier tome de « The Hunger Games » à ma médiathèque. Je ne sais pas trop encore si je vais le lire ou pas, mais en attendant, il est à ma disposition pour cet été si je le souhaite. Il se trouve aussi là, car le monde semble s’obstiner à me faire croire que c’est mal de ne pas l’avoir lu. Ce que je déteste particulièrement et qui a justement quelque peu détruit mon intérêt de me plonger dans l’œuvre. J’en avais entendu parler en bien avant que l’adaptation ne soit en chantier et pour tout dire, avant que je ne réalise qu’il s’agissait de romans jeunes adultes. L’idée ne m’avait même pas effleuré l’esprit, car je n’arrive pas à concevoir mes lectures en fonction de la tranche d’âge que l’ouvrage est censé viser.

Après une légère recherche sur internet, le « jeune adulte » (terme qui semble avoir remplacé le plus négatif adulescent) a entre 13 et 22 ans principalement. Comme tout, on peut lire avant et après, rien ne l’empêche. Quoi qu’il en soit, j’ai plus de 22 ans et quand j’étais en plein cœur, je ne départageais pas mon univers littéraire ainsi. En fait, j’allais au rayon livres, tout simplement. Il n’y avait pas d’étagères qui me visaient spécifiquement ou alors je n’étais pas au courant. C’est sûrement pour cela que j’ai un problème avec le marché en place. Dès que la cible est mise en avant, je serre les dents et j’essaie de laisser mes préjugés de côté, car je sais qu’ils n’ont pas de raison d’être là. Seulement, mon agacement existe. Je comprends qu’on puisse le spécifier à cause du ton et de l’écriture de romans qui sont adaptés à un public jeune. Mais avant, je pouvais lire des œuvres qui mettaient en scène des adolescents sans pour autant que l’ouvrage ne trouve sa place parmi ce fameux rayon « jeunes adultes ».

Les séries littéraires ou les romans jeunes adultes (avec un tome ou plus) correspondent à la même chose pour moi en tant que lectrice : je lis si j’ai envie. Je me fiche de savoir où c’est rangé si j’aime. Aujourd’hui, un nouveau système a été développé pour exploiter un marché qui parait trop régulièrement inconscient qu’il en est un – auteurs ou lecteurs – et qui passe plus de temps à tenter d’obtenir une crédibilité qu’à pointer du doigt les qualités d’une histoire qui va au-delà d’une notion d’âge. J’ai la sensation qu’ils ont perdu de vue le principe même de la lecture : prendre du plaisir et donner envie de lire, de tourner les pages tout simplement.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s