La traversée, d’Alain Vircondelet

Grâce au dernier Masse Critique de Babelio, j’ai donc reçu La traversée, un livre d’Alain Vircondelet qui se centre sur le voyage de l’auteur quand il avait 15 ans d’Algérie à la France à la veille de l’indépendance algérienne. Si j’avais choisi ce livre, c’est car il se trouve que mes grands-parents et mon père sont pieds-noirs, si ce n’est qu’ils sont venus en France en avion.

Premier constat : Alain Vircondelet est très nostalgique, et sa vision d’Alger et de sa vie – même en période de guerre – est alors teintée de ce filtre particulier qui est posé sur le passé et qui empêche à tout jamais de le voir clairement. Ce n’est pas aidé par son idéalisme excessif de la vie qu’il menait, et de sa façon de toujours rappeler le soleil, le parfum des orangeraies et son admiration plus que palpable (mais franchement rébarbatif au bout d’un moment) pour Albert Camus.

La traversée de Vircondelet est donc entrecoupé par son existence avant le départ, la guerre, comment le pays vivait, etc. Il se répète régulièrement aussi, et même sa façon d’écrire est teinté de cette nostalgie et de la brisure du déracinement. L’auteur vogue dans le temps, donnant parfois l’impression de se laisser porter par le flot des mots et au moins, et de ce côté-là, cela n’est pas trop gênant.

J’ai donc eu beaucoup de mal à accrocher, car au départ, même quand il écrivait sur la guerre, c’était toujours contrebalancé par la façon naïve dont les pieds-noirs vivaient, avec une certaine insouciance bien que conscient de ce qui se passait – à un certain degré. L’auteur devient réellement pertinent et son ton plus incisif dans la dernière partie du livre quand il relate comment la France les a accueilli, comment les français les considéraient (mal), et comment le gouvernement les avaient traités. C’est au fond un peu dommage qu’il faille en arriver là pour que le livre devienne réellement accrocheur.

Le livre, en lui-même, n’est donc pas inintéressant, avec l’avantage d’offrir un aperçu de cette Histoire par quelqu’un qui l’a vécu. Seulement, malgré sa courte taille (269 pages), Vircondelet trouve le moyen de créer trop régulièrement un sentiment de répétition qui est plutôt néfaste et sans cela, j’aurais trouvé l’ouvrage plus intéressant.

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