Passionné, inspiré et sans peur

Parfois, j’écris des billets que je ne publie pas. Je suis de nature prudente et introvertie. Il peut même m’arriver de regretter d’avoir publié le plus innocent des articles, comme si je délivrais les clés de mon subconscient à quelqu’un.

Il n’y a rien de pire pour quelqu’un qui écrit qu’avoir des doutes sur les mots qu’il vient de jeter sur un papier.

Je ne crois pas en la page blanche, car c’est une mauvaise excuse et quand elle a des raisons de se produire, c’est avant tout l’expression d’une angoisse personnelle. J’avais une prof d’histoire (qui était particulièrement nulle !) qui a dit un jour en cours que n’importe qui pouvait être historien, il  suffisait juste d’apprendre. On aime croire que ce qu’on fait, parfois, les autres ne peuvent pas. La vérité est tout autre : tout le monde (ou presque) peut le faire. Par contre, bien le faire, c’est une autre histoire. D’un autre côté, pour y arriver, il faut continuellement s’exercer. C’est là que les doutes entrent en jeu et desquels peuvent émerger la page blanche, la peur du jugement, la crainte de l’échec.

Si je dois être honnête, le dernier point m’a toujours bouffé de l’intérieur et ce, depuis que je suis gamine. J’imagine, mes parents y sont pour quelque chose (selon les psys, c’est toujours leur faute à un certain degré). Malheureusement, je crois aussi que je suis arrivée à un moment de ma vie où si c’est toujours drôle de le dire, je me dois d’assumer qui je suis, ce que je pense et ce que je fais. Par conséquent, qu’importe l’évènement traumatisant de ma jeunesse, je suis la seule responsable de mon incapacité à le surmonter.

J’admire les gens passionnés, les gens que rien n’arrête, qui se foutent de savoir s’ils font de la merde ou non, prêt à se planter, recommencer, s’obstiner. Le doute ne semble pas venir leur assaillir l’esprit et je les envie. Le pire est que je donne peu de valeur aux jugements d’autrui, je suis sadique comme ça, je m’autoflagelle en me disant que ce que je fais est nul. Et, pourtant, qu’est-ce que cela peut bien faire ? J’ai beau me le répéter, quand je suis devant mon écran à taper et que je suis frappée par la mauvaise qualité de mes phrases (et dieu sait que je lis des gens qui écrivent bien moins bien que moi et pourtant formé à ça), que je vois tous les défauts de mon histoire (ce qui n’a pourtant pas empêché Hunger Games de fonctionner), je ne sais pas ce qui me passe par la tête si ce n’est le découragement.

Passionnée, inspirée et sans peur. Voilà en gros ce que j’aimerais être. Aucun de ces trois points n’assure la qualité à l’arrivée et peut-être est-ce cela qui m’effraie le plus. Ce n’est pas comme si je n’avais pas écrit de la merde, si ce n’est qu’à l’époque, cela ne semblait pas me déranger outre mesure. Je ne sais pas où est passé cet autre moi (qui était totalement maniaco-dépressif !), mais c’est bien le truc que j’aimerais récupérer. Je progressais avec juste l’envie de continuer tous les jours ou presque, ne revenant quasiment pas en arrière, obsédée par je ne sais quel point à l’horizon que je n’ai jamais atteint – et il semble que je m’en foutais.

Et oui, j’ai envisagé de ne pas publier ce billet … et puis bon, basta !

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