Explorer la SFF : Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley

Quelques informations : Le Meilleur des mondes est un roman d’anticipation dystopique écrit en 1931 par Aldous Huxley – intitulé en anglais Brave New World. Le titre original provient de La Tempête de William Shakespeare, tandis que le titre français est tiré de Candide de Voltaire.

De quoi cela parle-t-il ? Nous sommes à Londres, en l’an 632 de Notre Ford. La majorité des êtres humains vivent au sein de l’État mondial, à l’exception des sauvages qui sont dans des réserves. Les hommes et femmes sont créés en laboratoires et les traitements que l’embryon subit déterminent sa future position dans la hiérarchie sociale qui est organisé en caste. Ils sont ensuite tous conditionnés pour accepter leur condition et les principes de la société.

bravenewworld

Et c’était bien ? L’homme recherche le bonheur, c’est un fait universel, mais pour l’atteindre, quel prix sommes-nous prêts à payer ? Huxley délivre une dystopie où le progrès scientifique et technique gouverne maintenant la société. Celle-ci a anéanti toutes formes de liberté de pensée, en conditionnant dès la création l’être humain. Ainsi, chacun a sa place prédéfinie dans la société, et on lui inculque autant les valeurs qui définissent son statut que ce qu’il doit faire. La société parfaite se construit donc sur l’anéantissement de la liberté, de la possibilité de choisir et de penser.

Le Meilleur des mondes trouve donc sa place aux côtés de ses livres qui vient signifier que l’utopie – où tout est beau et parfait – est simplement néfaste de par le sacrifice qui l’accompagne. Les émotions sont en grande partie absentes, la plupart des êtres n’ayant pas une conscience d’eux, ils ont une place dans un ensemble. C’est la destruction de l’individualité par l’évolution scientifique et technologique et comme bien souvent, c’est un livre qui est encore plus vrai aujourd’hui qu’il ne l’était déjà à son époque. Nous sommes après tout le fruit de la société dans laquelle nous évoluons, et la technologie occupe une place de plus en plus prédominante dans notre quotidien. Nous n’en sommes pas encore là où Huxley est allé, mais certaines choses ont évolué dans un sens plus ou moins similaire.

Le livre se présente alors comme une métaphore de la société où les différents protagonistes sont là pour illustrer chacun à leur façon ce qui ne va pas. Cela est servi par un style travaillé, Huxley citant Shakespeare à de multiples reprises et délivrant des portraits de protagonistes particulièrement complexes à force que l’on progresse. Je dois bien admettre au départ que je ne m’attendais pas à  une écriture de ce genre, mais l’œuvre n’en ressort que plus riche et cela impose un certain contraste par rapport au monde qui est dépeint ou bien cela soutient les réflexions développées par certains personnages.

Le monde dépeint par Huxley n’est pas juste, loin de là, et en fait, tout le monde n’est pas heureux. Mais dans l’ensemble, il démontre de façon parfois déroutante ou déprimante ce que le système fait perdre à l’homme, sur quoi il est aussi prêt à fermer les yeux pour son confort psychologique personnel. Son approche se révèle aussi des plus pessimistes avec la culture de masse s’appropriant des symboliques pour les corrompre.

Le Meilleur des mondes est donc un livre qui résonne toujours fortement aujourd’hui, ce qui justifie pleinement sa place parmi les classiques et le fait qu’il mérite encore amplement qu’on le lise.

Se procurer Le Meilleur des mondes.

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