Les meilleurs films selon Oscar

Oscar

Dans un précédent billet, j’avais dit que je parlerais un peu des films nominés à la 85e cérémonie des Oscars dans la catégorie principale, et autant le faire avant que l’évènement se déroule.

Depuis 2009, l’Académie nomme entre 5 à 10 films, ce qui est devenu plus ou moins contraignant pour tous les voir, car en général, je n’en ai pas forcément envie. Ce n’est pas toujours une mauvaise chose, après tout, c’est plus ou moins pour cela que j’ai vu Black Swan et je l’ai trouvé excellent ; c’est aussi pour cela que j’ai vu Precious, et je l’ai trouvé mauvais. Sans surprise, cela mène à tout.

Enfin, je n’avais pas vu les 9 nommés l’année dernière et c’est pareil cette année ayant fait l’impasse sur Amour et Life of Pi – volontairement. Je ne dis pas que je ne les verrais pas un jour, mais honnêtement, je n’étais pas trop intéressée et ma curiosité n’était pas assez forte.

Retour sur les 7 autres nommés :

ArgoArgo.

Pour sa troisième réalisation, Ben Affleck raconte l’histoire vraie de l’exfiltration réalisée par la CIA avec l’aide du Canada de 6 Américains à Téhéran au cours la révolution iranienne. Le film connaissait déjà un gros buzz pour les Oscars avant que je ne le vois, alors j’ai été un peu étonnée en le regardant, m’attendant à quelque chose de plus académique et d’une certaine façon, plus impliqué. Argo n’est pas dénué de suspense ou de charme, mais derrière la folle idée du faux tournage hollywoodien, c’est autant un film parfaitement mené par le réalisateur que celui qui m’apparait avec le recul le moins personnel. J’ai lu quelque part quelqu’un qui disait qu’en regardant un film de Ben Affleck, on ne pouvait pas le reconnaitre sans le savoir. Il y a un peu de vrai là-dedans (et cela s’applique à plus d’un réalisateur), mais les années devraient se charger de changer cela. C’est plus ou moins le favori, je n’aurais aucun problème à ce qu’il gagne, mais ce n’est pas à lui que je le donnerais.

beastBeasts of the Southern Wild.

Je ne sais pas exactement à quand cela remonte, mais Oscar aime bien mettre un petit film indépendant dans sa sélection. Cette année, c’est donc Beasts of the Southern Wild, un film sur la préservation de l’identité culturelle vue par une gamine de 5 ans – aussi nommée dans la catégorie meilleure actrice. C’est une œuvre assez poétique et touchante, bien que certainement perfectible, surtout qu’il met un peu de temps à révéler de quoi il parle pour se montrer au final assez grossier dans l’illustration de son propos. La musique est en tout cas superbe et c’est sûrement ce que je retiendrais le plus du film – qui est bon, mais qui n’est pas aussi puissant que cela.

django Django Unchained. 

Tarantino revisite une période sombre des États-Unis comme il sait le faire en s’attaquant alors au film spaghetti et en restant dans la thématique de la vengeance. Si le réalisateur/scénariste a tendance à délivrer des films trop longs et qui gagnerait certainement à être raccourcis par-ci par là, le résultat repose énormément sur son sens du style et de la réplique qui ne fait pas défaut ici. En tout cas, après avoir bien digéré l’œuvre, ses qualités et ses défauts, je le trouve très bon. Je reste pour le moment moins  impressionnée que je ne l’avais été avec Inglourious Basterds (qui tire aussi par moment sacrément en longueur), mais avec Tarantino, je préfère laisser le temps faire son ouvrage un minimum (surtout que je n’ai pas revu Basterds depuis). Je sais qu’il y en a qui regrette l’absence de nomination de Leonardo DiCaprio et je le trouve vraiment excellent dedans. En contrepartie, je ne fais pas partie de ceux qui considère que Waltz ne mérite pas sa place dans les nominations, vu que je l’ai trouvé aussi excellent (il y a d’autres personnes à dégager avant lui, franchement !).

LesMisLes Misérables.

Tom Hooper, le réalisateur du classique mais hautement sympathique King’s Speech (oscarisé meilleur film en 2010 face à The Social Network) revisite Les Misérables de Victor Hugo en adaptant la comédie musicale. Cela est en fait plus un opéra vu que tout le monde chante en continu et c’est malheureux. Non pas que j’attendais quelque chose, mais Hooper fut assez peu inspiré visuellement parlant et cela est assez dommageable au récit qui ne prend jamais vraiment d’ampleur et qui peine à véhiculer des émotions. C’est régulièrement fatigant, à l’exception de quelques passages qui réussissent un peu à se démarquer du lot. J’ai passé la moitié du film à me demander si le choix de Russell Crowe était du pur génie ou si c’était raté, mais au moins, il ne laisse certainement pas de marbre. Je ne fais pas partie de ceux qui ovationne Anne Hathaway, elle fait ce qu’elle a à faire – pour le peu de temps qu’elle est à l’écran.

Lincoln Lincoln.

Spielberg s’attaque aux 4 derniers mois de la vie du fameux Président américain et délivre un biopic aussi beau qu’académique. Le film souffre d’une absence de prise de risques sur le sujet en renvoyant une image trop idéalisée de l’homme qui est au cœur du récit ; cependant, Daniel Day Lewis en impose tellement que cela en devient tout bonnement fascinant. La musique de John Williams est aussi trop calibré (ce qui est plus ou moins problématique, cela dépend), mais on peut toujours se consoler avec quelques superbes plans. Spielberg est une machine bien rodé dont on peut regretter un certain manque de spontanéité ou de fraicheur à l’occasion, mais il sait ce qu’il fait !

SLP  Silver Linings Playbook.

David O. Russell s’intéresse à un homme bipolaire dans son nouveau film sur fond de danse et de football. Derrière des personnages instables se cachent donc une histoire sur la véritable définition de la sanité et surtout, une comédie romantique, l’histoire s’orientant totalement dans cette direction dans la dernière partie du film, quitte à perdre un peu de l’essence des personnages dans le processus. Cela n’affecte pas l’ensemble qui est un feel-good movie réussi avec quelques longueurs et des protagonistes hauts en couleurs – à l’image de The Fighter, si ce n’est qu’il y a un peu moins d’ambiguïté (comprendre : il n’y a pas de personnages détestables ou exécrables ici).

ZDTZero Dark Thirty.

Le film de Kathryn Bigelow souffre d’une polémique politique qui n’a aucune raison d’exister et c’est franchement dommage, car c’est clairement mon préféré de la liste. J’en ai déjà parlé ici, alors je ne vais pas vraiment entrer dans les détails, mais me contenter de dire qu’il est parfaitement mis en scène d’un bout à l’autre et que Jessica Chastain est vraiment excellente, de même que Jason Clarke et Jennifer Ehle. Je ne pense pas qu’il gagne, surtout qu’Oscar choisit assez peu souvent celui que je préfère ces dernières années.

Pour terminer, je signifierais que si la cérémonie a un défaut (pour peu qu’on lui donne du poids), c’est bel et bien le buzz qui existe avant même qu’on puisse avoir vu le film et ce fut horrible cette année, la moitié des films n’étaient pas sortis en France au moment de l’annonce des nominations. Il s’agit quasiment que de film sorti au cours des 4 derniers mois aux USA, ce qui tend a amplifier le sentiment que c’est plus ou moins le dernier arrivé le mieux servi – ou presque, cela dépend comment le vent tourne, mais on le sent un peu trop.

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