Retour sur ma découverte du cinéma de Hayao Miyazaki

Hayao Miyazaki

Fin 2013, je me lançais dans une rétrospective du réalisateur Hayao Miyazaki que j’ai récemment achevée. Peu familière avec le cinéma (ou la culture) japonaise, quelques films tout de même à mon actif et un seul animé du réalisateur au compteur à ce moment-là, je partais donc dans une nouvelle exploration.

Le cinéma de Hayao Miyazaki est plein d’idées, de rêves éveillés, de poésie d’où ressort un véritable combat pour la protection de la planète, des analyses sur la nature violente de l’homme, sur la guerre et surtout sur son impact sur l’espèce humaine et sur l’art. Les années passant, il est clair que la vision du réalisateur s’est quelque peu noircie, bien qu’il ne s’est jamais dépareillé d’une certaine approche optimiste.

Plus jeune, Miyazaki serait sûrement un réalisateur qui m’aurais touché beaucoup plus. Je me suis sentie un peu trop vieille, tout particulièrement dans ces premiers films, pour me laisser complètement emportée par ces films – malgré leur qualité. J’ai aussi eu parfois des difficultés avec ses choix rythmiques qui, une fois pleinement acceptée, ont sûrement aider à mieux apprécier certaines œuvres.

Quoi qu’il en soit, j’ai décidé tout de même de laisser une petite trace de cette rétropective ici à travers un faux classement et quelques mots sur chaque film. Je tends à penser qu’il faut voir plus d’une fois un film pour – au moins – mieux le classer. Donc, il est clair que ce qui suit m’apparait non définitif, surtout que j’avoue que déjà, j’ai dû le remanier plus d’une fois, indécise sur la position de certains. Enfin, au jour d’aujourd’hui, voilà où j’en suis :

Mes trois films préférés

Le vent se lève
La dernière œuvre de Miyazaki nous transporte dans le Japon avant la guerre pour nous parler – comme il l’aura fait de multiples fois – d’art et de sa perversion par l’homme. Mélange entre rêve et réalité, Le vent se lève se base sur des faits réels et s’impose à mes yeux comme le long-métrage le plus adulte du réalisateur — peut-être parce que ça fume dur pendant une grosse partie du film, mais surtout car il est à la fois touchant et terriblement honnête dans ce qu’il raconte.

Chihiro
Croisement entre Alice au Pays des Merveilles et le Magicien d’Oz, Le Voyage de Chihiro mélange poésie et violence pour raconter le voyage initiatique de l’enfance à l’âge adulte dans un monde fantasmagorique riche où l’on croise toutes les obsessions de son créateur. C’est donc une véritable lutte identitaire que mène Chihiro pour retrouver son chemin et finalement son individualité nécessaire pour devenir un être à part entière.

Le chateau ambulant
Premier film de Miyazaki que j’ai regardé, à l’époque, je n’avais pas été séduit. Revu à l’occasion de cette rétropective, placé au cœur de la filmographie du réalisateur, Le château ambulant se révèle être un film dans lequel on retrouve pleinement tous les composants habituels, entre guerre, magie et corruption, avec un soupçon de poésie et d’amour, le tout fonctionnant grâce à des concepts séduisants et des personnages fort attachants.

La suite par ordre de préférence (ou pas, cela dépend des jours)

Ponyo
Si j’ai eu l’impression d’avoir passé l’âge pour pas mal de Miyazaki, Ponyo sur la falaise est celui qui, dans sa bonne humeur parfois enfantine, m’a le plus séduite. C’est mignon comme il faut, véhiculant surtout une certaine bonne humeur et c’est plein d’imagination.

Le chateau dans le ciel
Le château dans le ciel combine le sens de l’aventure du Chateau de Cagliostrio et le message écologique de Nausicaa, trouvant alors ici la possibilité de s’élever au-dessus des deux premiers films du réalisateur à travers une formule qui parvient à développer une histoire avec des thématiques en maintenant un certain équilibre entre les deux.

Porco Rosso
Sans être dépourvu d’une dose d’idéalisme et de rêverie (Miyazaki s’impose comme un rêveur qui aime à croire qu’il existe une solution dans ce monde), Porco Rosso marque un tournant de part le fait qu’il possède une touche de cynisme qui n’était pas forcément présente dans les précédents longs-métrages. Des relations plus adultes animent aussi le récit fort simpliste au final.

Princesse mononoke
Princesse Mononoké peut se voir comme une version améliorée de Nausicaa, explorant des thématiques similaires, mais mettant en scène des personnages beaucoup plus ambiguë où aucun camp n’en ressort vraiment gagnant. C’est bien là tout le problème dans la protection de notre planète…

Le chateau de cagliostro
On pourra reprocher au Chateau de Cagliostro d’être dénué de véritables thématiques, ce qu’il compense avant tout par un bon sens de l’aventure. Le méchant est méchant et le voleur est finalement bon à sa façon, pour une histoire tout de même sympathique.

Totoro
Le très populaire Totoro est avant tout iconique, marquant l’imagination à l’aide du fameux Totoro ou encore du Catbus (qui nous renvoie de nouveau à Alice au pays des merveilles). Les deux héroines, cependant, hurlent un peu trop à mon goût. Mais pas de doute quand même, Totoro le personnage mérite largement la place qu’il occupe dans la culture.

Nausicaa
Le second long-métrage du réalisateur se déroule dans un monde riche et fascinant qui n’est cependant que survolé. Nausicaä se veut à l’image de son héroïne, dévouée à sa cause et manquant d’ambigüité.

Kiki
Car il faut bien un dernier, la sympathique Kiki nous entraine dans un film qui s’intéresse aux angoisses artistiques, mais le fait beaucoup trop tardivement pour se montrer vraiment pertinent dans son propos.

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3 réflexions sur “Retour sur ma découverte du cinéma de Hayao Miyazaki

  1. Si je ne me trompe pas, tu as débuté cette rétrospective après moi, mais tu l’as terminée avant moi ^^;. Je suis arrivée au Château ambulant sauf que je tiens à lire le roman auparavant et comme je ne l’ai pas encore acheté… eh bien, ça traîne.

    Dans l’ensemble, je crois que nos avis se rejoignent sur pas mal de points. Tout comme toi, je pense que si j’avais regardé cette filmographie plus jeune, j’aurais été davantage enthousiaste. D’ailleurs, j’avais à l’époque visionné quelques-uns de ces films et j’en gardais un excellent souvenir – qui a été un petit peu égratigné lors de ce rafraîchissement cinématographique. L’absence d’exploration de plusieurs personnages, le sentimentalisme parfois trop exacerbé, le rythme assez vacillant et un léger manichéisme par moments m’ont empêchée de pleinement adhérer à ce que je voyais. Je ne regrette pas de m’y être mise, mais j’aurais espéré en ressortir vraiment, vraiment enchantée.

    • En effet, j’ai débuté après toi, mais il me semble que tu faisais le studio et non le réalisateur. J’ai aussi l’intention de lire le Château ambulant et soit dit en passant, j’ai lu que les deux œuvres étaient différentes (le sujet est légèrement abordée dans cet article : http://www.telegraph.co.uk/culture/film/3646735/He-saw-my-books-from-the-inside-out.html)

      J’aurais aussi espéré en ressortir enchantée. Au départ, en découvrant Nausicaa et Cie, ce fut un peu difficile. Les gens parlent de son cinéma comme s’il avait fait un chef d’oeuvre après l’autre. Pour ne pas aider, j’admets que je n’avais jamais lu quelqu’un me disant que tel ou tel long-métrage n’était pas bon. Cela existe toujours, mais cela n’avait pas vraiment croisé ma route. Finalement, je me suis retrouvée devant des films qui ont des qualités indéniables mais entre le poids de l’âge pour certains et une narration superficiel pour d’autres, j’étais loin d’avoir les yeux écarquillés.

      En tout cas, bon visionnage pour la suite, je suis curieuse de découvrir ton opinion sur ‘Le Vent se lève’ (définitivement celui que je préfère).

  2. Effectivement, je suis partie pour regarder tous les travaux du studio. Tant qu’à faire, autant y aller jusqu’au bout ^^;;;.

    Je garde en mémoire le lien que tu proposes. Pour l’instant, histoire d’aborder l’univers en vraie néophyte, je tiens à ne pas lire quoi que ce soit à ce sujet. Je pense acheter prochainement le bouquin (enfin, c’est ce que je me dis depuis plusieurs mois, hum) et enchaîner avec le film dans la foulée. Je pourrai donc partager à ce moment-là mon opinion. Pour Le vent se lève, il faudra en revanche attendre un petit moment.

    Espérons que les personnes souhaitant se lancer dans cette rétrospective sauront trouver ton billet et comprendront que, non, tous les films de Miyazaki ne se valent pas et ne sont pas tous équivalents à des chefs-d’œuvre.

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