Annie Sullivan et Helen Keller, de Joseph Lambert

annie sullivan et helen keller

Helen Keller est connue en France pour son livre autobiographique « Sourde, muette, aveugle ». Elle est une véritable figure historique aux États-Unis, ce qu’elle aura pu devenir grâce à Annie Sullivan.

Joseph Lambert revient donc au sein de sa bande dessinée « Annie Sullivan et Helen Keller » sur la forte relation qui liera Helen Keller à son professeur qui deviendra son amie pour le reste de son existence.

Le titre original de l’œuvre « Annie Sullivan and the trials of Helen Keller » se révèle plus explicite sur le contenu même de cette histoire qui met définitivement en avant l’histoire d’Annie avant de délivrer un dernier acte relatant un évènement particulier dont aucune des deux ne ressortira indemne.

Lambert nous raconte en parallèle la relation qui se crée entre Annie et Helen et nous révèle en même temps le passé assez sordide de l’enseignante dotée d’une personnalité assez peu accommodante, mais qui est terriblement émouvante. Elle aussi malvoyante, Annie aidera Helen à s’ouvrir au monde qui l’entoure et à pouvoir le cerner, tout en lui apprenant le langage des signes, puis l’écriture.

Lambert met par ailleurs en images de façon ingénieuse le monde selon Helen, où le noir domine, mais où l’esprit associe des mots à des idées pour donner vie dans sa tête à ce qui l’entoure. Il en ressort des moments particulièrement touchants, l’univers d’Helen pouvant alors trouver un moyen d’atteindre le lecteur – qui lui voit. Il n’hésite pas non plus à bien véhiculer aussi toutes les épreuves que devra traverser Annie pour « ouvrir » les yeux de son élève et qui lieront à tous jamais ces deux femmes – attacher l’une à l’autre face à l’adversité, comme le démontre la dernière partie de l’ouvrage. L’émotion est donc présente sous ses multiples formes tout au long du récit.

La fin m’a paru légèrement abrupte, mais elle ne vient rien gâcher de l’œuvre de Joseph Lambert qui est joliment mis en images et se révèle poignante.

18/20

Merci à PriceMinister, aux éditions Cambourakis et çà et là, ce billet voyant le jour suite à l’opération « La BD fait son festival. »

Rendez-vous avec Oscar

Oscars

Dimanche soir aura lieu la 86e cérémonie des Oscars. Plus les années passent et plus je rencontre des difficultés à m’intéresser aux nominés, ce qui fait que j’ai tout récemment fini de regarder les 9 films en compétition pour meilleur film. Comme ces derniers se retrouvent dans les autres principales catégories, il me manque Blue Jasmine et Osage County pour les actrices. Je compte voir le premier, j’ai volontairement passé mon chemin sur le deuxième et ça me ferait mal que Julia Roberts ou Meryl Streep gagnent au vu de ce qu’il y a en face.

Quoi qu’il en soit, je tente depuis 2010 de voir les principaux films autant que je le peux. Au bout d’un moment, ma capacité à m’enfourner des longs-métrages oscarisables atteint un point de non-retour, je le confie.

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Carnets d’un jeune médecin nommé Mikhaïl Boulgakov

Carnets d'un jeune médecin nommé Mikhaïl Boulgakov

Je n’y connais rien en littérature russe ou en médecine. Par conséquent, j’ai découvert l’existence de Carnets d’un jeune médecin grâce à A Young Doctor’s Notebook, série anglaise de Sky Arts qui adapte le travail de Mikhaïl Boulgakov. Dans cette dernière,  nous avons Daniel Radcliffe et Jon Hamm qui incarnent le docteur, la version jeune étant alors « conseillée » par la version plus âgée au départ.

Il y a deux saisons au compteur, la deuxième offrant à mes yeux un matériel bien plus riche à Jon Hamm qui donne alors à son personnage une autre dimension tandis que la version jeune s’enfonce misérablement dans ses vices.

Ces derniers sont absents des Carnets, Boulgakov n’abordant aucunement son addiction à la Morphine – sujet qu’il touchera dans la nouvelle tout simplement intitulée Morphine (et bien évidemment qui n’est pas à ma médiathèque). Elle n’avait d’ailleurs que la version Folio bilingue des Carnets d’un jeune médecin – publié autrement sous le titre Récits d’un jeune médecin. Je ne parle toujours pas un mot de russe, mais la préface et les petits détails supplémentaires de l’édition étaient bienvenus en tout cas.

On retrouve sans conteste dans le livre bon nombre d’éléments qui ont été portés à l’écran, avec pour la série une accentuation sur des gimmicks (Leopold Leopoldovich !) pour forcer le trait, accentuer la dose d’humour noir qui, finalement, est fortement plus présente à l’écran que dans les pages du livre.

Pour autant, l’ouvrage n’est pas exempt d’une certaine dose d’humour, déversé dans les différents récits où la temporalité parait être brisée pour y accentuer les doutes, les moments de frénésie ou d’anxiété. Boulgakov n’a de toute façon pas peur de forcer le trait pour rendre l’expérience plus intensive. Cela en devient étrangement fascinant dans sa façon de vouloir véhiculer la solitude de son personnage qui semble avant tout une extension du combat qu’il mène sur un plan professionnel où il se retrouve face à des patients inconscients du danger qu’il court. Certaines histoires ont de quoi terrifier, cela reste un témoignage de la valeur de l’éducation.

Back With A Vengeance (Maybe)

dieHard

Respelling est resté inactif depuis le 23 novembre, ce qui était volontaire de ma part. Sans entrer dans les détails, je souhaitais écrire d’autres choses et j’avais donc décidé de m’éloigner du blog pour essayer de briser quelques barrières psychologiques qui se sont développés au cours des dernières années. Je n’ai pas vraiment réussi, pour être honnête, mais je vous passe la réflexion inintéressante sur la place de l’écriture dans mon existence et la façon dont je veux l’employer.

En attendant, j’en ai profité pour reconsidéré la place du blog et opter pour le poursuivre. Je ne suis pas sûre de réussir à me débarrasser de mes questions existentielles fort tenaces, même quand il s’agit juste de Respelling (certains branchements dans mon cerveau sont définitivement mal fichus), mais qu’importe ! On fait avec les moyens du bord.

Pour l’occasion, j’ai changé le design, en optant pour celui de WordPress 2012. Comme vous pouvez le voir en haut, il y a une page Livres qui liste mes lectures de l’année avec une note. Si j’écris un article dessus, je mettrais un lien bien évidemment. Je remercie Kerydwen pour le code de cette page. Cette dernière n’est cependant pas responsive design, à la différence du reste du site, à cause de la gratuité de la plateforme (je dois payer pour toucher au CSS). Si Respelling parvient à bien tourner, je me permettrais peut-être un nom de domaine et tout le tralala. Pour le moment, on fait avec les moyens du bord.

Le Top 100 SFF est toujours présent, bien que j’envisage de changer la présentation de la page. Je ne sais encore dans quelle direction je compte aller (comme la page des livres ou autre chose ?). Une page BD viendra aussi s’ajouter. Je compte mettre à jour le « A propos », mais cela m’est un peu sorti de la tête et j’ai oublié.

Pour le reste, c’est business as usual et on verra bien où tout cela me mènera. Merci aux quelques âmes qui trainent encore de le coin, prêtent à poursuivre cette chaotique aventure virtuelle.

La pertinence d’un blog

miss contraryOn m’a dit que les messages les plus postés sur les blogs étaient les gens qui s’excusaient de ne pas poster plus. C’est un peu ridicule quand on y pense, mais il y a du sens à cela et une symbolique qu’on ne veut pas forcément confronter.

Il y a des personnes qui voient leurs activités sur le web totalement indépendant du reste de leur existence. Je ne sais pas comment ils font sincèrement. Et je fais partie des gens qui ne naviguent pas sur le net avec leur téléphone et qui n’ont pas de tablette. Ce qui peut être problématique quand vous avez besoin de savoir à quoi votre site ressemble sur ces deux outils – mais, c’est un autre débat.

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Big Brother nous regarde dans 1984

Big-Brother-Is-Watching-You

Suite au scandale des écoutes de la NSA, 1984 a de nouveau occupé les devants de la scène, voyant ses ventes grimper. Big Brother nous écoute, Big Brother nous regarde !

Roman d’anticipation de George Orwell, 1984 dépeint un régime totalitariste, une société qui s’est bâtie sur la surveillance et la réduction des libertés – avec pour but avoué d’annihiler émotions et libre pensée à l’arrivée.

Big Brother est donc une figure métaphorique dans le monde d’Orwell, qui se trouve en haut de la pyramide sociétale qui observe chaque individu, imposant un contrôle total en même temps qu’il se doit d’être vénéré. La dévotion à Big Brother est simplement l’acceptation totale du monde oppressant dans lequel les gens vivent. Toute résistance est futile.

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